Publié le 6 avril 2024, par Florence

PRETS IMMOBILIERS UNE BAISSE DES TAUX RAPIDE ?

Publié dans Actualités immobilier

La dynamique du marché immobilier au début du mois d’avril met en lumière une tendance remarquable : une baisse conséquente et rapide des taux d’intérêt. Cette évolution surprend de nombreux observateurs et acteurs du marché, d’autant plus qu’elle surpasse largement les prévisions initiales. En effet, il y a encore quelques mois, obtenir un crédit immobilier à un taux de 4,5% ou même 4,9% sur 20 ans était perçu comme un coup de chance. À présent, selon le courtier Cafpi, les emprunteurs les plus qualifiés peuvent bénéficier de taux aussi bas que 3,44% sur la même période, tandis que la majorité se voit proposer des taux avoisinant les 3,7% à 3,8%. Cette réduction des taux d’intérêt représente une véritable aubaine en termes de pouvoir d’achat immobilier, permettant par exemple à un couple avec un revenu mensuel de 4.000 euros d’emprunter environ 230.000 euros, soit 20.000 euros de plus qu’en décembre dernier.

Il est toutefois crucial de mettre cette amélioration du pouvoir d’achat en perspective, surtout lorsque l’on considère la période où les taux d’intérêt avoisinaient 1%, permettant à ce même couple d’accéder à un prêt de 300.000 euros. Cela illustre la volatilité du marché et la relative incertitude quant à l’évolution future des taux.

Les prévisions actuelles suggèrent une poursuite de la tendance à la baisse, encouragée notamment par les ajustements attendus des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne. Certains experts anticipent même une accélération de cette baisse, avec des pronostics de taux pour les crédits immobiliers sur 20 ans pouvant descendre jusqu’à 3% d’ici la fin de l’année, voire moins. Une telle évolution promet un gain significatif en termes de capacité d’emprunt pour les ménages, renforçant ainsi leur pouvoir d’achat immobilier.

Toutefois, la question de l’opportunité d’attendre pour bénéficier de taux encore plus avantageux se pose. Il s’agit d’une stratégie risquée, notamment parce que dans le cadre d’un achat immobilier, le taux d’intérêt est souvent l’unique composante pouvant être renégociée. Pour que cette renégociation soit financièrement avantageuse, compte tenu des divers frais annexes, il est généralement nécessaire que l’écart entre le taux initial et le taux renégocié soit d’au moins un point de pourcentage. De plus, renégocier un crédit est particulièrement intéressant durant les premières années de remboursement.

Dans ce contexte, différer un emprunt dans l’espoir d’une baisse supplémentaire des taux pourrait ne pas être la meilleure stratégie. Effectivement, si un ménage attend des taux autour de 3% pour contracter un prêt, une renégociation ne serait pertinente que si les taux devaient tomber encore plus bas, à environ 2%, ce qui semble peu probable à court terme. En revanche, en empruntant immédiatement à un taux de 3,8%, une renégociation dès l’année suivante pourrait s’avérer judicieuse, avec des taux potentiels de 2,8% ou 2,9%. Il est donc essentiel de considérer que dans le domaine de l’immobilier, les stratégies d’anticipation financière peuvent s’avérer périlleuses. Le meilleur moment pour investir correspond toujours à la situation personnelle de chaque acheteur. Enfin, il est nécessaire de rajouter le cout des loyers perdus durant cette période d’attentisme.

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